L’art des jardins au Japon

 

Les jardins japonais forment l’un des arts traditionnels les plus accomplis et les plus anciens du Japon. Ils sont l’expression de la nature même. Selon les préceptes shintoïstes et bouddhistes, les deux principales religions pratiquées au Japon, la nature est en étroite communion avec l’homme et porteuse d’équilibre et d’harmonie derrière un chaos apparent. C’est pourquoi les jardins japonais cherchent à sublimer en miniature cet équilibre harmonieux de la nature, en reproduisant ses principaux éléments : rivières, lacs, montagnes, rochers et bien-sûr végétaux. À l’inverse des jardins à la française, les lignes droites, la symétrie et les nombres pairs attireraient au Japon les mauvais esprits. La dissymétrie est ainsi l’une des caractéristiques des jardins japonais. Rien d’ostentatoire non plus, la sobriété et le calme prévalant afin de favoriser la contemplation chez le visiteur tout en guidant son regard par l’art de la dissimulation.   

L’art de la dissymétrie des jardins japonais

La dissymétrie qui prévaut dans les paysages naturels a pour but dans les jardins japonais de favoriser la contemplation et de guider le regard. L’étagement des plans jouera avec trois ou quatre niveaux de regard qui se répondent mutuellement. Les pleins et les vides inégalement répartis et les chiffres impairs donneront une sensation d’espace et d’ouverture propices à la sérénité. Enfin la disposition des rochers et des végétaux, souvent plantés par 3, 5 ou 7 formera une harmonie par le déséquilibre.

Jardins japonais : l’art de la dissimulation

La dissimulation est l’autre grande technique qui prévaut à la composition des jardins japonais. Selon le point de vue du visiteur, certains éléments sont cachés par un jeu de plans pour créer la surprise. Ce sont aussi les clôtures qui sont dissimulées afin d’ouvrir le jardin et donner l’impression que ses sentiers conduisent jusqu’aux montagnes souvent visibles à l’horizon.

Les éléments des jardins japonais

Sobres mais savamment organisés, dissymétriques mais harmonieux, les jardins japonais utilisent différents éléments pour leur composition : rochers, eau, végétaux, sable et graviers.

Les rochers

Les rochers sont essentiels dans l’art des jardins japonais. Insensibles au temps qui passe, ils incarnent les esprits divins ou pour certains l’esprit de Bouddha. Regroupés par 3, parfois par 5 ou 7, généralement de couleur sombre, on les retrouve pour former des pas japonais, des ponts et des séparations entre différentes zones, comme par exemple entre un bassin et une partie végétale. Leur ordonnancement entre pierres lisses ou brutes, verticales ou horizontales cherchera à produire une harmonie naturelle.  

L’eau

Symbole de pureté, de force et d’harmonie, l’utilisation de l’eau est une constante dans les jardins japonais, que ce soit sous la forme d’un ruisseau, d’un étang ou d’une cascade. Généralement les points d’eau sont agrémentés de nénuphars, parfois de carpes rouges, d’îlots, de pierres de gué et d’un ou plusieurs ponts.   

Les végétaux

Comme pour les rochers et les points d’eau, les végétaux concourent à l’équilibre de la composition des jardins japonais, avec cette particularité que les plantes poussent ! Le travail du jardinier, appelé l’art du niwaki, jouera notamment avec le choix des espèces dont les couleurs varient au fil des saisons, la taille et la coupe. Quelques espèces typiques des jardins japonais : camélias, chênes, cerisiers japonais, pins, érables, saules, cyprès du Japon, bambous, hêtres, amandiers, azalées, bruyères, rhododendrons, magnolias… Et pour les plans d’eau : lotus, nénuphars, roseaux… Notons que les jardins japonais préfèrent les mousses à la pelouse pour la couverture des sols.

Sable et graviers

Le sable et les graviers recouvrent généralement les sentiers des jardins japonais. Ils sont aussi l’élément essentiel des jardins zen où ils représentent la mer et ses vagues. Petites pierres plates, les pas japonais conduisent traditionnellement au pavillon du thé.

Les trois types de jardins japonais

Le Tsukiyama, que l’on retrouve en général dans les temples et les résidences, est la reproduction en miniature de la nature. L’eau symbolise les lacs et rivières, les rochers représentent eux les montagnes.

Le jardin sec ou Karesansui prend place dans les temples bouddhistes. Le sable et les graviers méticuleusement ratissés symbolisent la mer et ses vagues. 15 pierres disposés en 5 groupes représentent les montagnes et les îles.

Le jardin de thé ou Chaniwa précède le lieu où se déroule la cérémonie du thé. Il est jalonné de pas japonais afin de ne pas salir les kimonos. Il dispose également d’une pierre creuse remplie d’eau où les invités doivent se purifier avant la cérémonie.

Voici notre sélection des plus beaux jardins japonais dont le jardin Koko-en à Himeji, le parc Ritsurin à Takamatsu et le jardin du musée Adachi.

Crédit photos © Blanscape © Danny Ye © Ailink © Tk2001 © Coward lion © Sanga © Peacefoo © LASOUR © Marco Ciannarel

Le jardin Koko-en à Himeji

Aménagé en 1992 sur une surface de 3,5 hectares, le jardin Koko-en se compose de neuf jardins thématiques à l’emplacement d’un site archéologique où se trouvait la résidence du seigneur féodal et quelques maisons de samouraïs. Utilisant les canons du jardin de la période Edo (1600-1860), Koko-en nous transporte dans le passé et offre une vue splendide sur le château Himeji, merveille classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

jardin Koko-en jardins japonais

Le parc Ritsurin à Takamatsu

Situé à Takamatsu sur l’île de Shikoku et adossé au mont Shiun, ce jardin de 75 hectares présente des paysages exceptionnels parsemés d'étendues d’eau, de collines boisées, de ponts et de pavillons. Réputé pour sa beauté et son entretien, il a reçu de nombreuses récompenses et titres prestigieux dont celui de Trésor National du Japon depuis 1953. Typique de l’époque Edo, sa construction débute en 1625. Les seigneurs successifs vont l’aménager durant près d’un siècle : la partie sud en jardin de promenade aux paysages variés et la partie nord destinée à la chasse aux canards. En 1875 l’État japonais récupère la propriété qui devient un jardin public. Sa configuration est restée quasiment inchangée.

parc Ritsurin jardins japonais

Le Koraku-en à Okayama

Le « jardin du plaisir d’après » est situé entre deux bras de la rivière Asahi. Ce splendide jardin paysager du XVIIe siècle est sillonné de sentiers et constellé d'étangs, de pruniers, de cerisiers et d’érables dont les floraisons, entre la fin de l’hiver et l’automne, composent un tableau d’une rare beauté. Achevé en 1700, le Koraku-en est l’un des seuls jardins japonais dont on peut suivre l’évolution historique grâce aux peintures de la période d’Edo et à ses registres familiaux.

Koraku-en jardins japonais

Le jardin du musée Adachi

Le jardin du musée d’art Adachi se déploie sur une surface de 1,5 hectares. Son fondateur, Adachi Zenko, le qualifiait de « rouleau de peinture ». Depuis 2003, il est classé comme le plus beau jardin japonais par le magazine américain Journal of Japanese Gardening. Ce parc a été conçu en symbiose avec le musée : à l’exception du jardin du pavillon de thé dans lequel il est possible de se promener, on ne peut contempler le jardin qu’à travers les vitres du musée dont les œuvres exposées varient pour s’harmoniser avec les saisons.

Le jardin du musée Adachi jardins japonais

Le jardin de pierre du temple Ryoan-ji à Kyoto

Ryoan-ji est un temple bouddhiste réputé pour son jardin de pierres datant du XVe siècle et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994. Il est reconnu pour être le plus parfait jardin zen jamais créé. Les visiteurs restent absorbés par la contemplation de ce chef-d’œuvre minéral insensible au temps qui passe. Particularité de ce jardin sec : qu’importe le lieu d’où on les observe, les quinze rochers disposés en cinq groupes ne peuvent jamais être tous vus en même temps.

jardin zen du temple Ryoan-ji jardins japonais

Le Kenroku-en à Kanazawa

Mêlant éléments modernes et classiques, le jardin Kenroku est connu pour être l’un des trois plus beaux du Japon. Kenroku-en, qui signifie le « jardin aux six aspects », fait référence aux six spécificités du jardin idéal : l’espace, la sérénité, la vénérabilité, le panorama, le travail humain et le cours d’eau. On pourra y contempler un étang, des collines, des pavillons et la lanterne de pierre devenue le symbole du jardin.

Kenroku-en jardins japonais

Les jardins du palais impérial de Tokyo

Situés en plein cœur de Tokyo et encore entouré par les anciennes douves, le parc du palais impérial abrite des milliers d’arbres de toutes les régions du Japon, ce qui en fait l’un des plus riches jardins botaniques du pays.

Les jardins japonais du palais impérial de Tokyo

Vous aimerez cette croisière

Croisière Japon - Corée du Sud
Croisière Japon - Corée du Sud
Asie

Exclusives

Croisière Japon - Corée du Sud
  • Vol inclus
  • 14 jours / 11 nuits

Découvrez : Japon, PACIFIQUE

Prochain départ :

06/06/2024

  • Départs disponibles :
  • 2024 : Juin

Voyagez à bord du :

Heritage Adventurer

Heritage Adventurer

À partir de

9970 €

Les plus beaux jardins japonais

Copyright © 2024-present Magento, Inc. All rights reserved.